Sécurité

L'hypnose est-elle dangereuse ? Risques, contre-indications, effets secondaires

Pratiquée par un professionnel sérieux, l'hypnose est considérée comme peu risquée : les revues de la littérature ne rapportent pas d'effets indésirables graves fréquents. Elle n'est pas sans effet pour autant : fatigue, maux de tête, émotions passagères, et, rarement, des réactions plus sérieuses chez des personnes vulnérables.

Voici une réponse honnête, sans minimiser et sans dramatiser. Cet article doit vous aider à décider si l'hypnose, ou l'auto-hypnose, est faite pour vous, et comment vous protéger.

La réponse courte

L'hypnose n'est pas un état dangereux en soi : vous restez conscient, vous entendez ce qui se passe et vous pouvez interrompre à tout moment. Le portail officiel de santé français indique que la littérature analysée ne rapporte pas d'effets indésirables graves, mais mentionne des maux de tête, une somnolence et des vertiges, ainsi qu'un risque de création de faux souvenirs dans certaines pratiques. Les problèmes viennent surtout de la manière dont elle est utilisée : un praticien mal formé, des promesses excessives, une pratique auprès d'une personne fragile sans précaution, ou un besoin médical qui aurait dû être traité autrement.

Les effets secondaires possibles

Après une séance, certaines personnes ressentent :

  • De la fatigue ou, au contraire, un coup de fouet. C'est fréquent et passager.
  • Des maux de tête légers ou des vertiges en reprenant trop vite. On évite en revenant doucement.
  • Des émotions : tristesse, larmes, soulagement. Elles font partie du travail, mais doivent être accueillies et pas laissées sans suite.
  • Une somnolence, parfois un endormissement pendant la séance.

Une revue de la littérature sur les effets indésirables de l'hypnose (Gruzelier) les décrit comme fréquents mais, pour la plupart, de courte durée. S'ils persistent, parlez-en au praticien ou à votre médecin.

Les vrais risques, à connaître

Les cas graves sont rares, mais ils existent, et il vaut mieux les connaître.

Les réactions chez les personnes vulnérables. La même revue signale, presque exclusivement dans des contextes cliniques et dans l'hypnose de spectacle, des conséquences sérieuses : crises convulsives, états de stupeur, épisodes dissociatifs spontanés, remontée de souvenirs de traumatismes passés (notamment lors de régressions en âge), et même deux cas de premier épisode de schizophrénie, l'un après une hypnothérapie et l'autre après de l'hypnose de scène. L'auteur en conclut qu'il faut mieux repérer les personnes vulnérables et que l'hypnose de spectacle devrait cesser, faute de garde-fous.

Les faux souvenirs. Dans certains contextes, notamment la recherche de souvenirs, des images peuvent paraître vraies sans l'être. C'est pourquoi la prudence est de mise avec les pratiques dites de « régression » et les promesses de retrouver le passé.

Les émotions trop fortes. Quand la séance touche un vécu douloureux, une émotion intense peut apparaître. Un praticien formé sait la contenir. Sans cadre, elle peut mettre mal à l'aise.

Le retard à une prise en charge médicale. Utiliser l'hypnose à la place d'un traitement nécessaire peut faire perdre du temps. L'hypnose est un complément, pas un remplacement.

La dépendance à un praticien. Un accompagnement doit avoir un cadre et une fin. Méfiez-vous de ceux qui multiplient les séances sans objectif.

Les mythes

  • « On peut perdre le contrôle. » Non. Vous gardez votre volonté et vos valeurs : on ne vous fera pas faire ce que vous refuseriez à l'état ordinaire.
  • « On peut rester bloqué. » Non. On ressort toujours de l'hypnose ; au pire, on s'endort, puis on se réveille normalement.
  • « L'hypnotiseur peut lire dans les pensées. » Non. Il ne sait que ce que vous lui dites.

Les contre-indications et les précautions

Parlez-en d'abord à votre médecin, ou renoncez à la pratique, si vous êtes concerné par l'une de ces situations.

  • Trouble psychique sévère, notamment un trouble psychotique ou des antécédents de schizophrénie : l'hypnose peut être déconseillée.
  • Traumatisme important non accompagné : à travailler avec un professionnel de santé mentale, dans un cadre adapté.
  • Période de grande fragilité (deuil récent, dépression sévère, idées suicidaires) : un soutien médical ou psychologique passe d'abord.
  • Crises convulsives ou épilepsie : demandez l'avis de votre médecin.
  • Maladie nécessitant un suivi médical : l'hypnose peut accompagner, jamais remplacer.
  • En cas de doute : demandez l'avis de votre médecin.

Qui peut pratiquer ?

L'hypnose utilisée pour soulager la douleur ou accompagner une anesthésie est considérée comme un acte médical : elle relève de médecins, de chirurgiens-dentistes, de sages-femmes, ou d'autres professionnels de santé qui agissent sous leur responsabilité, dans le cadre d'une prise en charge globale. Pour les autres usages, le titre de psychothérapeute est réservé par la loi ; il n'existe pas de règle équivalente pour le mot « hypnothérapeute ». Posez donc des questions sur la formation, et préférez un praticien qui connaît ses limites.

Comment réduire les risques

  1. Choisissez un praticien formé, qui vous explique le déroulé et vous laisse libre d'arrêter.
  2. Méfiez-vous des promesses de guérison rapide ou totale.
  3. Prévenez-le de vos antécédents (psychiques, médicaux) et de vos traitements.
  4. Pas de régression « pour retrouver des souvenirs » sans raison solide et cadre professionnel.
  5. Évitez l'hypnose de spectacle si vous êtes fragile : elle ne prévoit pas de garde-fous.
  6. Arrêtez si vous vous sentez mal. Une bonne séance respecte ce choix.

Et en auto-hypnose ?

L'auto-hypnose comporte les mêmes précautions, avec une contrainte de plus : personne ne vous accompagne si une émotion forte surgit. Quelques règles simples :

  • Jamais au volant, ni pendant une activité qui demande votre attention.
  • Séances courtes au début (5 à 10 minutes), dans un endroit sûr.
  • Si une émotion vous submerge, arrêtez : ouvrez les yeux, respirez, bougez, buvez de l'eau. Reprenez plus tard, ou pas.
  • Évitez les thèmes douloureux en solo. Les sujets lourds méritent un accompagnement.
  • Si vous avez un doute, parlez-en à un professionnel.
  • Terminez toujours par un retour structuré : la méthode est détaillée dans les techniques d'auto-hypnose pour débutants.

Dans ma formation IMAGERY, la progression est pensée pour cela : on commence simple, on apprend à revenir, et les exercices qui explorent le monde intérieur viennent plus tard, avec des consignes précises pour savoir quand interrompre. Pour vous faire une idée avant tout, lisez comment ça marche, concrètement.

Questions fréquentes

L'hypnose peut-elle être dangereuse ?

Pratiquée par un professionnel sérieux et dans les limites de ses indications, elle est considérée comme peu risquée. Elle a des effets possibles, des cas graves rares chez des personnes vulnérables, et des contre-indications.

Quels sont les effets secondaires après une séance ?

Fatigue, légers maux de tête, vertiges, émotions, somnolence : souvent légers et passagers.

L'hypnose ericksonienne présente-t-elle plus de risques ?

Pas par nature. Le risque tient surtout à la formation et à l'éthique du praticien. Voir l'hypnose ericksonienne.

Peut-on se faire du mal en auto-hypnose ?

Rarement, mais il faut respecter des règles de base (voir ci-dessus). Si vous traversez une période fragile, commencez avec un professionnel.

Peut-on faire de l'hypnose si l'on prend des médicaments ?

Parlez-en à votre médecin et au praticien. Ne modifiez jamais un traitement de votre propre initiative.

Sources

  • Portail sante.fr, « État des lieux : l'hypnose » : sante.fr.
  • Gruzelier J., « Unwanted effects of hypnosis: a review of the evidence and its implications », Contemporary Hypnosis, 17(4), 163-193 : notice.
  • Inserm, Évaluation de l'efficacité de la pratique de l'hypnose, rapport thématique, 2015 : rapport (PDF).
Éric Gavrel

Éric Gavrel

Infirmier et hypnothérapeute, titulaire d'un D.U. d'hypnose médicale (Faculté de médecine de Montpellier). Auteur d'IMAGERY, la formation à l'auto-hypnose en six semaines.

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