Auto-hypnose : comment ça marche, concrètement ?
Ce qui se passe quand on pratique l'auto-hypnose, les 3 gestes de base, un exercice de 2 minutes, ce que dit la recherche et comment débuter en sécurité. Par Éric Gavrel, infirmier et hypnothérapeute.
Pratiquée par un professionnel sérieux, l'hypnose est considérée comme peu risquée : les revues de la littérature ne rapportent pas d'effets indésirables graves fréquents. Elle n'est pas sans effet pour autant : fatigue, maux de tête, émotions passagères, et, rarement, des réactions plus sérieuses chez des personnes vulnérables.
Voici une réponse honnête, sans minimiser et sans dramatiser. Cet article doit vous aider à décider si l'hypnose, ou l'auto-hypnose, est faite pour vous, et comment vous protéger.
L'hypnose n'est pas un état dangereux en soi : vous restez conscient, vous entendez ce qui se passe et vous pouvez interrompre à tout moment. Le portail officiel de santé français indique que la littérature analysée ne rapporte pas d'effets indésirables graves, mais mentionne des maux de tête, une somnolence et des vertiges, ainsi qu'un risque de création de faux souvenirs dans certaines pratiques. Les problèmes viennent surtout de la manière dont elle est utilisée : un praticien mal formé, des promesses excessives, une pratique auprès d'une personne fragile sans précaution, ou un besoin médical qui aurait dû être traité autrement.
Après une séance, certaines personnes ressentent :
Une revue de la littérature sur les effets indésirables de l'hypnose (Gruzelier) les décrit comme fréquents mais, pour la plupart, de courte durée. S'ils persistent, parlez-en au praticien ou à votre médecin.
Les cas graves sont rares, mais ils existent, et il vaut mieux les connaître.
Les réactions chez les personnes vulnérables. La même revue signale, presque exclusivement dans des contextes cliniques et dans l'hypnose de spectacle, des conséquences sérieuses : crises convulsives, états de stupeur, épisodes dissociatifs spontanés, remontée de souvenirs de traumatismes passés (notamment lors de régressions en âge), et même deux cas de premier épisode de schizophrénie, l'un après une hypnothérapie et l'autre après de l'hypnose de scène. L'auteur en conclut qu'il faut mieux repérer les personnes vulnérables et que l'hypnose de spectacle devrait cesser, faute de garde-fous.
Les faux souvenirs. Dans certains contextes, notamment la recherche de souvenirs, des images peuvent paraître vraies sans l'être. C'est pourquoi la prudence est de mise avec les pratiques dites de « régression » et les promesses de retrouver le passé.
Les émotions trop fortes. Quand la séance touche un vécu douloureux, une émotion intense peut apparaître. Un praticien formé sait la contenir. Sans cadre, elle peut mettre mal à l'aise.
Le retard à une prise en charge médicale. Utiliser l'hypnose à la place d'un traitement nécessaire peut faire perdre du temps. L'hypnose est un complément, pas un remplacement.
La dépendance à un praticien. Un accompagnement doit avoir un cadre et une fin. Méfiez-vous de ceux qui multiplient les séances sans objectif.
Parlez-en d'abord à votre médecin, ou renoncez à la pratique, si vous êtes concerné par l'une de ces situations.
L'hypnose utilisée pour soulager la douleur ou accompagner une anesthésie est considérée comme un acte médical : elle relève de médecins, de chirurgiens-dentistes, de sages-femmes, ou d'autres professionnels de santé qui agissent sous leur responsabilité, dans le cadre d'une prise en charge globale. Pour les autres usages, le titre de psychothérapeute est réservé par la loi ; il n'existe pas de règle équivalente pour le mot « hypnothérapeute ». Posez donc des questions sur la formation, et préférez un praticien qui connaît ses limites.
L'auto-hypnose comporte les mêmes précautions, avec une contrainte de plus : personne ne vous accompagne si une émotion forte surgit. Quelques règles simples :
Dans ma formation IMAGERY, la progression est pensée pour cela : on commence simple, on apprend à revenir, et les exercices qui explorent le monde intérieur viennent plus tard, avec des consignes précises pour savoir quand interrompre. Pour vous faire une idée avant tout, lisez comment ça marche, concrètement.
Pratiquée par un professionnel sérieux et dans les limites de ses indications, elle est considérée comme peu risquée. Elle a des effets possibles, des cas graves rares chez des personnes vulnérables, et des contre-indications.
Fatigue, légers maux de tête, vertiges, émotions, somnolence : souvent légers et passagers.
Pas par nature. Le risque tient surtout à la formation et à l'éthique du praticien. Voir l'hypnose ericksonienne.
Rarement, mais il faut respecter des règles de base (voir ci-dessus). Si vous traversez une période fragile, commencez avec un professionnel.
Parlez-en à votre médecin et au praticien. Ne modifiez jamais un traitement de votre propre initiative.

Infirmier et hypnothérapeute, titulaire d'un D.U. d'hypnose médicale (Faculté de médecine de Montpellier). Auteur d'IMAGERY, la formation à l'auto-hypnose en six semaines.
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